La chambre des curiosités de Douglas Preston et Lincoln Child.

Editions J’ai Lu, 05/2005, 700 pages.
Résumé : « Manhattan. Les ouvriers d'un chantier de démolition s'affairent parmi les gravats, lorsque le bulldozer se fige soudainement devant l'horreur du spectacle qui apparaît : des ossements humains. L'enquête menée par Pendergast, du FBI, l'archéologue Nora Kelly et le journaliste William Smithback établit qu'il s'agit des restes de trente-six adolescents, victimes d'un tueur en série, le Dr Leng, ayant sévi à New York vers 1880. Les jours suivants, plusieurs meurtres sont commis selon le mode opératoire de Leng. Se peut-il que ce dingue soit toujours vivant ? Ou aurait-il fait des émules ? »
Mon avis : Quelle aventure ! Pour cette première expérience de lecteur aux côtés du tandem Douglas Preston/ Lincoln Child, je dois vous avouer que j’ai été comblé. Ces deux auteurs de talent ont réussi à me tenir en haleine jusqu’à la dernière page, jonglant habilement avec tous les bons ingrédients d’un thrillerde grande qualité: meurtres énigmatiques, fausses pistes, manipulation et moments de pure angoisse.
L’intrigue, dès les premières pages, est de facture assez classique : la découverte de plusieurs corps amoncelés au fond d’un sinistre charnier. Là où l’originalité prend son essor c’est lorsque ces meurtres vont être assignés à un cruel tueur en série de la fin du 19ème siècle qui s’était donné pour objectif une quête délirante... Mort depuis des décennies, cet abominable psychopathe fait reparler de lui, sorti des tréfonds administratifs du Muséum d’Histoires Naturelles de New-York, alors que le monde semblait l’avoir parfaitement oublié. C’est alors qu’une série de crimes ébranle la Grosse Pomme et laisse transparaitre le spectre du tueur tant redouté. Le Dr Leng est de retour? L’intrigue est lancée et nous voilà complètement immergés dans une enquête qui se promet des plus angoissantes !
Toute l’originalité de ce thriller réside également dans son protagoniste qui n’est autre qu’un agent du FBI au teint blâfard, aux cheveux presque blancs, aux manières élégantes et raffinées, au langage choisi, et qui a le chic de se faire conduire en Rolls Royce ! Une classe phénoménale ! J’ai nommé, le désormais charismatique et non moins singulier : Pendergast. Ce personnage excentrique donne un caractère mystique à ce thriller malsain, d’autant plus qu’il apporte avec lui toute son histoire personnelle mystérieuse et fascinante qui illuminera cette enquête d’un jour nouveau.
Il est accompagné de la ravissante paléontologue Nora Kelly qui va être embarquée dans cette dangereuse affaire aux côtés de son petit ami, le journaliste impétueux Smithback et le flic irlandais O‘Shaugnessy.
Ce roman est fortement ancré dans la tradition des thrillers scientifiques. On retrouve un univers cartésien où rien n’est laissé au hasard, où l’irrationel n’a pas sa place. Cependant, on perçoit bien ici le jeu des auteurs, qui assument une part de fantaisie bienvenue dans ce monde pragmatique de la science, le doute est sans cesse suspendu au-dessus des protagonistes et les théories les plus folles sont évoquées. Ainsi, l’intrigue est notamment tournée vers cette fameuse mode des cabinets de curiosités qui étaient très en vogue au 19ème siècle et dans lesquels se retrouvaient, sous le voile d’un esprit prétendument scientifique, des trouvailles naturelles toutes aussi fantaisistes les unes que les autres (et parfois, de belles duperies !). Je n’en dirai pas plus car, pour une fois, la quatrième de couverture du roman ne dévoile strictement rien de l’intrigue, et c’est un pur bonheur de découvrir ce que ce thriller magistral réserve à son lecteur !
Ce thriller est une réussite absolue ! A lire ! Un pur moment de suspense!